LA VOIX DES ESCLAVES, FOI et SOCIETE AUX ANTILLES

Vendredi 09 Mai 2014

Allocution d’ouverture : Monsieur le Bâtonnier Raymond AUTEVILLE , Président de l’IDHM 

Allocution : Maitre Corinne BOULOGNE-YANG-TING, Avocat à la Cour , Maître de Conférences , Directrice de l’IEJ MARTINIQUE, Membre de l’IDHM 

Exposé : Liliane CHALUMEAU , Historien – écrivain , Ancienne Directrice des Archives Départementales

Il s’agit, de percevoir, à partir des documents du XVIIe au XIXe siècle, la voix des esclaves, aux Antilles, qui s’expriment par la parole, par le comportement, compte tenu de leur condition, que déterminaient la réglementation en vigueur (le Code noir et les textes postérieurs), et aussi les positions de l’Eglise.

À travers leur vie, vue sous des angles différents :

1-Vie d’interminable labeur sur l’habitation, marquée par les châtiments auxquels ils tentaient d’échapper par le marronnage, et la révolte.

2- vie individuelle, une sorte d’espace de liberté, qu’en raison de leur forte personnalité, ils parvenaient à se tailler, notamment par la culture du jardin, les distractions auxquelles ils s’adonnaient, la musique et la danse en particulier.

3- vie et pratique religieuses qui se prolongent au-delà de l’abolition de l’esclavage, en 1848, avec une vivante participation aux cérémonies religieuses.

Cette conférence nous éclairera, sur ce que les esclaves ont transmis à notre société d’aujourd’hui, quant à son comportement, quant à sa vie sur le plan de la foi.

Ainsi pourra-t-on mieux percevoir ce qu’il faut sauvegarder, et ce qu’il importe de dépasser. Notamment, en se gardant, de ne retenir que les aspects annihilant du souvenir de l’esclavage.

Madame CHAULEAU,

C’est un grand honneur pour l’Institut des Droits de l’Homme de la Martinique, de recevoir une conférencière de votre niveau, sur un thème aussi complexe que celui de l’esclavage.

Je  vous remercie très sincèrement, de nous consacrer deux heures de votre précieux temps.

Mesdames et Messieurs,

Chers Membres de l’Institut,

La clôture du Cycle des Conférences, est toujours, pour le Président, un moment particulier, où se mêlent, sentiment de satisfaction du devoir accompli, et aussi, un peu de nostalgie.

En effet, les auditeurs habituels de nos Conférences, ne me contrediront pas, on prend l’habitude de ces rendez-vous culturels, que l’on s’impose, sans y être tenu, autrement que par sa propre volonté.

Mesdames et Messieurs,

Auditeurs fidèles de nos Conférences, vous avez donné du sens, en répondant favorablement, à cette offre de formation et d’échange, voulu par l’Institut des Droits de l’Homme de la Martinique, de concert avec l’I.E.J. Martinique.

Chers Membres de l’Institut,

30 avril 2008 – 30 avril 2014, six ans déjà.

L’Institut a six ans.

Mercredi, le 07 mai 2014, ici même, nous avons tenu notre Assemblée Générale Statutaire, dans une ambiance cordiale et studieuse.

Nous nous sommes fixés des objectifs, je formule donc le vœu que nous parvenions à les réaliser.

Joyeux Anniversaire à notre Institut, et à tous ses membres.

Nous terminons habituellement notre cycle des conférences, par une réflexion sur l’esclavage.

Et, nous n’aurons pas assez de notre existence, pour réfléchir sur l’esclavage, tant l’institution est complexe.

On a souvent pensé que les esclaves étaient des « sans voix ». Pourtant, un nombre important d’esclaves du sud des Etats-Unis, ont écrit leur propre biographie.

Ce qui a fait écrire, au Professeur à l’Université de Rouen, Anne WICKE, qu’il était ainsi question pour ceux-ci, de « s’affirmer en tant que sujet, de revendiquer l’identité d’un individu libre, qui reprend la parole ». FIGURES D’ESCLAVES (2012).

Les récits autobiographiques des esclaves américains, comme le souligne l’historien Pap NDIAYE, démontrent que malgré les difficultés, l’esclave est resté, dans une certaine mesure, sujet de son histoire, en mettant en place de véritables stratégies de résistance « … Ils brisaient les outils, ralentissaient les cadences, empoisonnaient les bêtes, faisaient claquer le fouet sans déchirer la peau, organisaient des fuites… ».

Ainsi, par leurs propres récits, sur leurs conditions, les esclaves américains ont été la voix de leur propre histoire.

Qu’en est-il pour les esclaves aux Antilles ?

C’est le thème de notre Conférence.

« La voix des esclaves, foi et société aux Antilles ».

La réflexion de ce soir, doit nous conduire à percevoir, la voix des esclaves aux Antilles, qui s’expriment par la parole, et par le comportement, malgré leurs conditions.

Cette Conférence va mettre aussi l’accent sur ce que les esclaves ont transmis à notre société d’aujourd’hui.

J’en ai trop dit. Nous attendons tous Madame CHAULEAU. Mais, auparavant, je cède la parole à Madame la Directrice de l’Institut d’Etude Judiciaires Martinique.

Raymond AUTEVILLE

Ancien Bâtonnier de l’Ordre

 

Texte non-communiqué.

L’IDHM accueille

 

Liliane CHAULEAU

Liliane CHAULEAU

Historien, Ecrivain, Ancienne Directrice des Archives Départementales

lorem ipsum