04 Mai 2012 - LA DIGNITE HUMAINE AU TRAVERS DE L'ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE

Vendredi 04 Mai 2012

Allocution d’ouverture Conférence

Madame Claudine SALINIERE
Maître de Conférences,
Vice-Présidente de l’IDHM

Allocution introductive

Me Marlène CUPIT,
Avocat à la Cour,
Membre de l’IDHM

Exposé

«LA DIGNITE HUMAINE AU TRAVERS DE L’ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE »

Monsieur Alex BONVENT,
Cadre de banque,
Vice-Président délégué de la CRESS,
Trésorier de l’IDHM

Clôture
Madame Claudine SALINIERE
Maître de Conférences,
Vice-Présidente de l’IDHM

L’économie sociale et solidaire peut se définir par certains critères, qui font aujourd’hui consensus : libre adhésion, lucrativité limitée, gestion démocratique et participative, utilité collective ou utilité sociale du projet, et mixité des financements entre ressources privées et publiques.

Le principe de la non lucrativité individuelle  n’interdit pas la constitution d’excédents financiers mais il en interdit l’appropriation individuelle. Cette règle est absolue dans les associations, où aucun dividende ne peut être versé aux adhérents. Elle est relative dans les coopératives, où les salariés peuvent recevoir individuellement une part du bénéfice réalisé, sous la forme de participation ou de dividendes.

Léconomie sociale et solidaire  est nécessairement au service d’un projet collectif, et non d’un projet individuel  conduit par une seule personne dans son intérêt propre. La notion d’utilité sociale se réfère, quant à elle, à une démarche participative associant de multiples partenaires (usagers, salariés, pouvoirs publics, réseaux associatifs, etc.) à la définition des biens et des services.

Léconomie sociale et solidaire  place l’homme au cœur de son fonctionnement. Le travail est fait par l’homme pour l’Homme. Les décisions stratégiques se prennent en Assemblée Générale, selon le principe « une personne = une voix ». Chaque membre compte pour une voix, quel que soit son apport.

Quels sont les enjeux et la place  de léconomie sociale et solidaire en Martinique ? Cette conférence tentera de nous éclairer utilement.

Bonsoir à tous,

Avant d’aborder le thème de la conférence-débat de ce soir, je vous annonce que le bureau de l’Institut a été constitué mercredi soir : M. le bâtonnier AUTEVILLE, M. Alex BONVENT et moi, avons été reconduits dans nos fonctions respectives de Président, Trésorier et Vice-présidente ; Me Marlène CUPIT est notre nouvelle secrétaire générale, Mme Corinne BOULOGNE YANG-TING, est la nouvelle secrétaire générale adjointe, et enfin Mme Michèle GOTTIN, a été désignée en qualité de trésorière adjointe.

Nous sommes heureux d’accueillir ces trois derniers membres, et leur adressons nos vives félicitations.

Mais ce soir, je suis seul maître à bord !

Le Président de l’IDHM, M. le Bâtonnier AUTEVILLE, et la Directrice de l’IEJ, Mme Corinne BOULOGNE YANG-TING, ne peuvent être des nôtres, et vous prient de bien vouloir les excuser.

J’espère parvenir, ce soir, à porter ces deux « lourdes » casquettes. En tous cas, je compte sur vous pour m’y aider. Je réclame votre indulgence, d’autant que  l’économie n’a jamais vraiment été mon « dada » ; mes professeurs s’en souviennent !

La reconnaissance du principe de dignité de la personne humaine est apparue en droit pénal international.

La Charte des Nations unies du 26 juin 1945 énonce dans son préambule « nous peuples des Nations unies, résolus…à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, et dans la valeur de la dignité de la personne humaine… »

 

Le principe a été ensuite consacré dans les autres instruments internationaux. D’abord dans le droit universel, la Déclaration universelle des droits de l’Homme, adoptée le 10 décembre 1948 par l’AG des NU, affirme dans l’alinéa 1er de son préambule : « considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la paix dans le monde ».

L’art. 1er réaffirme que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Qu’ils sont dotés de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».

L’art. 5 poursuit « nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ».

Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et le Pacte relatif aux droits économiques, sociaux et culturels,  adoptés le 16 décembre 1966 par l’Assemblée générale des Nations Unies, comportent un préambule identique.

Hors de l’Europe plusieurs grands textes ont également intégré la dignité : la Déclaration américaine des droits et devoirs de mai 1948, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples du 27 juin 1987 considèrent notamment que « la liberté, la justice et la dignité sont des objectifs essentiels à la réalisation des aspirations légitimes des peuples africains… » (al. 3).

En Europe, la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, du 4 novembre 1950, énonce dans son alinéa 3 « nul ne peut être soumis à la torture, ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ».

L’article 14 de la Convention prohibe toute distinction reposant « sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la reigion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l’origine nationale ou sociale, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation ».

Dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, proclamée par le Parlement européen, le Conseil et la Commission, le 7 décembre 2000, un premier chapitre est consacré à la « Dignité ».

Le Traité de Lisbonne entré en vigueur le 1er décembre 2009 prescrit l’adhésion de l’Union à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales .

Au plan national la Constitution française ne consacre pas de manière précise « la dignité de la personne humaine », mais se réfère à un être humain biologique, donc universel.

Aussi le Conseil constitutionnel, dans une décision du 27 juillet 1994, a dû affirmer que « la sauvegarde de la dignité de la personne humaine contre toute forme d’asservissement et de dégradation est un principe à valeur constitutionnelle ».

Mais il apparaît que la dignité n’est pas « le » principe dont tous les droits de l’homme seraient les corollaires. Si l’individu dispose d’un statut privé découlant du principe de liberté (liberté du mariage, de mener une vie familiale…), le statut social de la personne s’articule autour des principes d’égalité, et de pluralité concrétisés dans des droits économiques et sociaux ou dans des droits de se former, de s’informer et de communiquer.

La crise actuelle pose la question majeure de la reconfiguration des rapports entre économie et société. Les exigences, sociales ou environnementales, impliquent de repenser la solidarité, qui pendant longtemps, a été du ressort de l’Etat, tandis que l’économie s’identifiait au marché.

Cette idée est révolue.

Partout dans le monde, des initiatives émanant de la société s’efforcent de prendre en charge des besoins, que ni le marché, ni l’Etat ne peuvent ou ne veulent satisfaire.

L’économie sociale et solidaire est considérée comme une alternative au capitalisme actionnarial.

Les excès du capitalisme actionnarial font émerger le besoin d’une meilleure prise en compte des intérêts des différentes parties prenantes à la vie des entreprises (salariés, collectivités locales, etc.).

Beaucoup se tournent vers l’économie sociale et solidaire pour trouver une réponse. Les organisations de l’ESS n’ont en effet pas pour objectif de maximiser leur résultat, mais au contraire, de répondre aux besoins de leurs adhérents, associés ou sociétaires ; et leur gouvernance se veut démocratique.

Selon leur slogan, il s’agit d’« ensemble entreprendre autrement ».

L’économie sociale et solidaire (ESS) rassemble les mutuelles, coopératives et associations, ainsi que les entreprises dites à forte utilité sociale (insertion, énergies renouvelables, agriculture bio, etc.).

La solidarité met en évidence la reconfiguration des principes économiques que sont la réciprocité et la redistribution. L’économie n’a jamais été fondée sur un seul principe qui est celui du marché, mais toujours sur trois principes pondérés différemment selon les sociétés, et qui trouvent des formes diversifiées.

On considère que si le principe du marché a existé dans les sociétés humaines bien avant la nôtre, il y a aussi le principe de la redistribution : il suppose qu’il existe une autorité qui réaffecte des ressources en fonction de ce qui lui est conféré comme pouvoir. Et en même temps, il y a la réciprocité, qui peut être définie comme la circulation de biens et de services ; dans laquelle, comme le disait Mauss, « le lien précède le bien ». Il ne s’agit pas d’un contrat marchand, mais de la volonté d’entretenir le lien social entre des groupes ou entre des personnes.

S’il n’existe aucune statistique officielle sur le sujet, on considérait en 2008 que l’économie sociale, prise au sens le plus large, c’est-à-dire l’ensemble des associations, coopératives et mutuelles, représentait 1,8 million d’emplois en France et pesait près de 10 % du produit intérieur brut (PIB).

Il se crée, chaque année, de plus en plus d’associations et de coopératives. Et de plus en plus d’organisations affichent la volonté de prendre en compte le social et l’humain, au même titre que l’économique.

Selon les derniers chiffres de l’INSEE, la Martinique comptait en 2002 près de 4000 structures de l’Economie Sociale et Solidaire, qui employaient 14 667 salariés dans des secteurs aussi divers que : les Services à la Personne, le sport et la culture, l’insertion par activité économique, la santé, la banque, l’assurance, l’information, l’écologie, le conseil et l’accompagnement, la formation….

La CRESS Martinique a été désignée par le préfet de région en tant qu’organisme intermédiaire, lors de la Commission Spécialisée du 15 décembre 2004, pour mettre en œuvre le Fonds Social Européen  relatif à la mesure 8.8 de l’objectif 1 « Appui aux micro-projets associatifs » en Martinique.

Sans plus tarder, je cède la parole à notre secrétaire générale, Me Marlène CUPIT afin qu’elle présente le conférencier de ce soir, M. Alex BONVENT.

Claudine SALINIERE,

Maître de Conférences,
Directrice du Département Droit et Science politique,
Faculté de Droit et d’Economie de Martinique,
Vice-Présidente de l’IDHM

Comme vous avez pu le découvrir dans la brève note de présentation qui vous a été remise, l’Economie Sociale et Solidaire est une économie à visage humain. Une économie portée par des femmes et des hommes de conviction qui ont fait le choix de «  servir sans se servir », mais sans se laisser, pour autant asservir par le pouvoir quel qu’il soit !

 

La crise internationale sans précédent que nous vivons depuis 2008 et dont les effets se feront sentir pendant de nombreuses années encore, a permis de mettre en exergue le secteur de l’Economie Sociale et Solidaire.

 

Constituées d’associations, de coopératives, de mutuelles, de fondations et de structures d’insertion par l’activité économique, l’ESS rassemble des organismes qui se définissent par leurs statuts, comme des groupements de personnes et non de capitaux. Porteuses d’un projet collectif, les entreprises de l’ESS visent à mettre en œuvre des projets innovants qui concilient intérêt collectif et activités économiques, et qui répondent aux besoins des populations, à savoir : la protection des personnes et des biens, l’approvisionnement, le financement d’activités, le logement, l’insertion sociale, la lutte contre les inégalités, le développement durable… etc.

 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’ESS est loin d’être une utopie, elle représente un vaste mouvement économique mondial. Plus que jamais, elle entend faire connaître et reconnaître ses principes et valeurs de solidarité, de liberté, d’égalité et de dignité humaine auxquelles elle est profondément attachée.

 

 

 

Principes qu’il me plait de rappeler car ils sont portés par 14 millions de dirigeants bénévoles :

 

  • La personne et l’objet social priment sur le capital : les femmes et les hommes sont au cœur de l’économie et en constituent la finalité ;
  • La gestion est collective, démocratique et participative : notamment avec l’élection des dirigeants, selon le principe une personne= une voix et la mise en place d’instances collectives de décision ;
  • La lucrativité est absente ou limitée : la majorité des excédents est réinvestie dans le projet social et sociétal de l’entreprise, des fonds propres impartageables sont constitués ;
  • Les principes de solidarité et de responsabilité guident la mise en place des actions dans une démarche de développement durable.

 

Ainsi, avec cette approche de l’ESS, la personne est au centre du débat, en tant qu’individu avec toute sa dimension humaine.  Une dimension humaine recherchée sans cesse !

 

Parce que, et pour paraphraser le philosophe Paul RICOEUR, quelque chose est dû à l’être humain du fait qu’il est humain, quelque chose lui est dû : c’est sa dignité !

 

La dignité humaine ! Voilà un concept qui ne se laisse pas définir aussi facilement qu’il y parait !

 

Emmanuel KANT, lui qui disait : « Tout a ou bien un prix ou bien une dignité. On peut remplacer ce qui a un prix par son équivalent. En revanche, ce qui n’a pas de prix, et donc pas d’équivalent, c’est ce qui possède une dignité ».

 

Par ailleurs, le concept de dignité humaine occupe une place éminente dans le droit humanitaire. En droit international, on peut noter une première apparition de cette notion dans la déclaration universelle des droits de l’homme (1948), née de la catastrophe nazie.

 

L’homme a se besoin d’exister, ce besoin du respect de sa personne, ce besoin de reconnaissance de sa chair…. Et de son âme !

 

Alors cette dimension humaine que, tout à l’heure, nous disions indispensable, qui devrait permettre de créer du confort, sinon du réconfort intérieur ; une dimension humaine qui, vue de l’extérieur cette fois, devrait permettre de redresser quelques épaules et soulever des têtes !

 

Une dimension humaine aux couleurs de l’espoir !

 

Réfléchissons aux meilleures choses dont l’HOMME soit capable d’accomplir. Laissons nos esprits vagabonder un moment jusqu’aux sommets que l’humanité peut atteindre. Pensons aux meilleurs fruits de sa créativité, aux meilleurs exploits, aux meilleurs rêves, aux meilleurs fruits de son amour, de son travail, aux sacrifices.

 

L’homme est capable de choses tellement profondes ! Alors cette notion de dignité humaine garde tout son sens et peut donc prendre forme.

 

Prendre forme, Mesdames et Messieurs, au travers de l’ESS : thème qu’il me plait de partager avec vous.

 

J’ai d’abord envie de vous peindre un tableau sur les conséquences pour l’Homme des dérives, autrement dit excessive de la financiarisation de l’économie. Et puis ensuite, je voudrais vous faire partager ma vision de l’ESS, cette autre manière d’entreprendre  qui me parait indissociable de ce concept de dignité humaine.

 

La situation de l’humain du fait de la financiarisation excessive de l’économie.

 

Le marché financier, appelé également bourse est un moyen essentiel de financement de l’économie, mais il peut produire aussi des effets pervers.

 

La sphère financière, peut être en partie déconnectée de la sphère réelle. Les cours boursiers pouvant alors évoluer indépendamment de l’activité économique.

La bourse peut  jouer contre l’économie. En effet, lorsque les rendements des placements sur le marché financier sont supérieurs aux rendements de l’investissement, les entreprises préfèrent placer en bourse plutôt que d’effectuer des investissements productifs.

 

Cette financiarisation excessive de l’économie est préjudiciable à l’appareil productif et à l’emploi.

 

Les dérives sont donc à l’origine de nombreux licenciements, le chômage persiste, la pauvreté s’installe. Les souffrances sont réelles et les individus sont touchés dans leur dignité.

 

L’écart s’est creusé entre les revenus d’une oligarchie toujours plus riche et le monde du travail où les hommes et les femmes sont en détresse.

 

L’insécurité sociale est devenue la caractéristique première du parcours professionnel, comme si on revenait au sens initial du mot « travail » dont l’origine vient du latin tripalium qui signifie « torture ».

 

Les luttes du mouvement ouvrier avaient permis de donner au mot travail, le sens d’un épanouissement collectif et d’une aventure commune. A contrario, la vie d’aujourd’hui dans les entreprises génère du stress, de l’angoisse, de la déprime, de la solitude, conduisant hélas bien des fois à l’acte suprême du désespoir. (les cas de la poste et de France télécom sont révélateurs de ce mal être).

 

Les acteurs de l’ESS sont porteurs d’un autre mode de gouvernance des entreprises, d’une économie différente, mais aussi d’un autre type de société économique et sociale dans lequel les hommes et les femmes sont au cœur des évolutions, en sont les acteurs autant que les bénéficiaires.

 

Cette dignité tant recherchée s’est développée dans tous les secteurs d’activité, de la culture à la banque.

 

Mais me direz-vous, au fait comment, la dignité humaine, s’opère-t-elle au travers de l’ESS. Rassurez-vous, je n’aurais pas de langue de bois, ceux qui me connaissent le savent !

 

 

LA DIGNITE HUMAINE AU TRAVERS DE L’ESS

 

Oui, il faut renverser l’ordre des priorités pour faire passer l’humain avant le profit. C’est bien le choix qu’ont fait les acteurs de l’ESS qui sont, il faut le rappeler, des entreprises de personnes. Résolument centrées sur le lien social et l’intérêt du plus grand nombre, ces entreprises réaffirment leur volonté de répondre aux besoins des hommes et des femmes de notre pays et singulièrement des plus démunis.

 

Certes, l’ESS doit être complémentaire de l’économie marchande, mais elle a fait clairement le choix de retenir, comme l’une de ses priorités, la satisfaction des besoins des publics en difficulté et en marge de l’emploi.

 

Elle doit accompagner et soutenir les publics en souffrance qui doivent se construire ou reconstruire et recouvrer leur dignité humaine…

 

Depuis plus d’un siècle, l’ESS se bat pour promouvoir une société respectueuse de la dignité et ce, à travers toutes les activités qu’elle met en place dans différents secteurs. Nous en retiendrons quelques-uns :

 

  • Le secteur sportif, culturel, artistique et d’éducation populaire,
  • Le sanitaire et social,
  • L’insertion par l’activité économique,
  • Les mutuelles d’assurance et de santé,
  • Les coopératives agricoles et bancaires.

 

S’agissant des associations sportives, culturelles, artistiques et d’éducation populaire, elles sont animées par des bénévoles qui assurent du lien social. En effet, elles permettent aux jeunes et au moins jeunes de se découvrir, de s’affirmer, de se surpasser et leur offrent souvent ce petit sourire, ce petit encouragement, qui leur redonne le goût de vivre. Elles les aident à se socialiser, à avoir confiance en eux, à trouver ou retrouver cette dignité humaine dont ils ont tant besoin pour exister comme êtres humains.

 

A titre d’exemple on peut citer le travail  remarquable réalisé par la Fédération des Œuvres Laïques et ses nombreux foyers laïques d’Education Populaire, ainsi que  cette école de la seconde chance que constituent les cours d’adultes des Terres-Sainville, devenue depuis Université Populaire.

 

Il faut rappeler que des générations entières y ont appris à lire et écrire, découvrant avec joie la dignité humaine. Nombreux sont ceux qui ont obtenu leur Certificat d’Etudes Primaires, leur BEPC ou leur baccalauréat.

 

 

Les associations du secteur sanitaire et social,  responsable de missions de service public.

 

Elles prennent en charge la petite enfance, les handicapés, les orphelins, les autistes, les personnes âgées dépendantes ou non, les sourds et les aveugles.

 

Animateurs et animatrices, auxiliaires de vie, travailleurs sociaux, moniteurs et monitrices de centres d’aide par le travail, personnels de soins et d’encadrement des maisons de retraites, assistantes à domicile, autant de personnes dévouées que l’on retrouve dans ces associations.

 

Ces structures dont l’objectif n’est point la recherche du profit mais bel et bien le don de soi avec comme souci premier, celui d’offrir un peu de dignité humaine à tous ces publics fragilisés qui leur sont confiés.

 

Nous ne saurions pour autant oublier les associations et clubs de personnes âgées qui s’attachent à créer du lien social et à offrir un brin de dignité à ces hommes et ces femmes d’un âge avancé trop souvent abandonnés par leurs enfants pour qui ils se sont tant sacrifiés. N’est-ce-pas ce que nous rappelle la très belle chanson de notre regrettée Edit LEFEL, « ca pou nou bayo ce tibrin tendrès ».

 

 

Les entreprises d’insertion par l’activité économique.

 

Elles permettent aux jeunes de 16 à 25 ans sans emploi et livrés à la rue, de se socialiser et de retrouver leur dignité grâce aux chantiers d’insertion et aux chantiers écoles qu’elles animent. Ecoute, attention et disponibilité, telles sont les qualités requises pour accompagner, guider, conseiller et remettre debout tous ces jeunes déboussolés.

 

Des expériences intéressantes sont menées respectivement par l’association KARISKO et les structures membres de l’URSIA. Ainsi, KARISKO permet aux jeunes de s’intégrer dans la société et dans l’économie. Cette association forme des jeunes à la fabrication de pirogues amérindiennes. Il y a des valeurs qui sont transmises (la connaissance de notre histoire, le respect de l’autre, la création de lien, la ténacité, la rigueur et le professionnalisme). La même analyse peut être faite pour les associations membres de l’URSIA qui forment aux travaux d’élagage, d’entretien d’espaces verts entres autres.

 

L’entreprise d’insertion est donc un lieu où les jeunes peuvent grandir en confiance. Ils ont des défis personnel et professionnel à relever. Ils retrouvent une certaine dignité grâce à des acquisitions de savoir être et de savoir-faire. Les jeunes vont s’insérer dans le tissu social et économique de manière sereine.

 

C’est avec plaisir que j’ai lu dans le quotidien du 30/04/12, un article sur un ACI (Atelier de Chantier d’Insertion) qui a formé des adultes qui ne savaient ni lire, ni écrire. Je vous avoue que les témoignages m’ont profondément touché.

 

 

Pour Les Mutuelles d’Assurance et de Santé.

 

D’une manière générale, dans une mutuelle ce n’est pas le capital qui mène l’entreprise. Les militants n’ont pas d’objectifs permanents de la rentabilité financière. Ils sont animés d’un esprit solidaire où la valeur humaine est le symbole même de leurs actions. Dans une mutuelle de santé par exemple, quel que soit l’état de santé de l’adhérent mutualiste, il n’y a pas de pénalisation. Le prix est le même pour tout le monde et ne sont pas calculés en fonction des revenus.

 

Enfin Les Coopératives

 

L’exploitation sous la forme coopérative est l’exemple même d’une dignité pour les salariés, notamment à la suite d’une liquidation judiciaire. La reprise est bénéfique pour ces derniers, ils peuvent conserver leur emploi afin de continuer à nourrir leur famille.

 

La solidarité est grande certes, il y a toujours un responsable mais il n’y a plus de barrières,  entre le PDG dans le cas d’une SA,  et les salariés. Il y a une chaleur humaine que l’on ne retrouve pas dans l’entreprise capitalistique.

 

La gestion équitable des excédents engendrés donne une vision à long terme. En effet, le renforcement des Fonds Propres (mise en réserve de 40% des résultats et non 15%) permet de faire face aux crises. Cette vision s’oppose à la vision patrimoniale ou financière qui privilégie le rendement des capitaux investis ou la reconstitution du patrimoine au détriment de la pérennité de l’entreprise et de ses salariés.

 

 

Mesdames et Messieurs,  Que vous dire en guise de conclusion ?

 

Comme vous avez pu vous en rendre compte, quoique d’actualité, parler de la dignité humaine n’est pas chose aisée. Militant de la cause des droits de l’homme, j’ai estimé qu’il était de mon devoir de le faire.

 

L’ESS ne prétend pas  avoir une réponse idéale, car il y a aussi des dérives ici et là. Nous avons une multitude de réponses concrètes et réelles ayant réussi à entreprendre autrement pour nourrir, soigner, éduquer, assurer, loger, transporter.

 

Car s’il est vrai que l’homme est capable du meilleur, il peut être aussi capable du pire. Aussi les dérives demeurent présentes. Toutefois, ce secteur, a le mérite, dans son existence même de vouloir faire de l’HOMME sa priorité, sa raison d’exister !

 

S’associer, mutualiser, coopérer constitue notre expérience commune d’une économie fondée sur la solidarité et non sur le capital. Organisée autour d’une solidarité collective et d’un partage entre tous du pouvoir, chacune de nos entreprises participe localement au développement d’activités durables, non délocalisables et engagées dans la création de lien social.

 

Qu’il me soit permis de rêver en nourrissant ce fol espoir de contribuer à faire de vous de farouches défenseurs de l’ESS, qui a besoin d’être soutenue dans son inlassable combat pour la dignité humaine. Non d’un soutien de principe donné du bout des lèvres mais d’un soutien franc et déterminé.

 

Souvenons-nous que : « l’Homme se découvre quand il est confronté à l’action » comme le soulignait Saint-Exupéry qui ne manquait pas, par ailleurs, d’ajouter « qu’être homme, c’est sentir, en posant sa pierre, que l’on contribue à bâtir le monde » !

 

Merci de votre attention.

L’IDHM accueille

 

Alex BONVENT

Alex BONVENT

Cadre de banque

Membre de l’IDHM